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130 CaractèresCritiques de mauvais disques, par Léopold Dumont
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Voyage de Love AffairsRécit d'un voyage à Francfort, par Amélie Woolf (12/10/05)
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Dylan en français, Traductions de chansons de Bob Dylan (08/03/06)
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Les badauds du Guggenheim, par Elisabeth Karolyi (10/02/06)
The RiversDécouvrez les mélopées folk de Marcel Mc Coy & Henri-Jean Jefferson
REBUS FOCUSPhotographies de Jean-Noël Turquet
Poissons grisCollage, par Roland Garrigue
Un rêve sans finChanson d'Augustin Domange
Etre etretataisPhotographie de François-René Lebatard
L'EsephonInstrument, par Jean-Noël Turquet
Affiche d'Outragédie
L'Amnsesia
Dick est nuPetit jeu flash
Le fou atelierExpo Garrigue & Lefort
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Le Monde d'Ida
édition du samedi 4 septembre 2010.
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- Gazette Sensuelle et Consensuelle -
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Depuis 1966, aucune exposition n'avait été consacrée au mouvement Dada à Paris. Autant dire que celle du Centre Pompidou, parcours labyrinthique qui rassemble plus de 1000 œuvres de 50 artistes différents, était très attendue. Un panorama énergique de la plus originale page de l'histoire de l'art du XXe siècle.
Qu'est-ce que Dada ? Un " état d'esprit ", ainsi que se plaisaient à le formuler ses fondateurs et artistes membres. Mouvement artistique et littéraire international (il se manifesta de Zürich à Berlin, de Hanovre à Cologne, de Paris à New York, en passant par les Pays-Bas, la Belgique, l'Italie et même le Japon), pluridisciplinaire, avant-gardiste, profondément novateur, marqué par un foisonnement de styles et de pensées, Dada naît en 1916 au Cabaret Voltaire de Zürich sous l'impulsion d'Hugo Ball, homme de théâtre, de Jean Arp et de Tristan Tzara. Ce dernier, qui fait figure de meneur, contribue largement par la suite à diffuser le concept " dada ", à coup de publicité, de battage médiatique, allant jusqu'à faire du nom même de dada une œuvre d'art…
Fortement marqué par l'expérience violente de la Grande Guerre, et en rupture violente avec les valeurs de la société bourgeoise du début du XXe siècle - deux sujets qui reviennent comme des leitmotivs dans les productions dadaïstes -, le mouvement s'essouffla à la fin de l'année 1923. Hugo Ball avait prévenu : " Si on fait [de Dada] une tendance de l'art, cela signifie qu'on veut prévoir des complications ". Expérience artistique hétéroclite et abondante, Dada est en effet un épisode complexe de l'histoire de l'art, délicat à définir et plein de contradictions. " Cinquante francs de récompense à celui qui trouve le moyen de nous expliquer Dada !" pouvait-on lire sur l'affiche pour la matinée Dada, qui se déroula à La Haye en janvier 1923 . Pas de programme, pas de définition, pas de lois ni de règles pour ce mouvement qui d'ailleurs n'en est pas vraiment un. Mais des sensibilités, des affinités et des pulsions autour d'un critère fédérateur souverain : la liberté.
La liberté, tel est le maître mot qui qualifie dada. Un esprit enfantin, voire parfois infantile, souffle sur ces œuvres qui revendiquent l'idiotie et l'ironie, la dérision et l'humour, l'excentricité et la folie, au mépris de la raison, de la norme et de toute logique. Dada, c'est également le rejet du passé dont on fait table rase pour mieux réinventer le langage pictural, une résistance absolue aux valeurs en place, une épuration de la pensée et le rejet des critères esthétiques qui gouvernaient la culture et l'art traditionnels. " Balayer, nettoyer " étaient les mots d'ordre de Dada. Dans le même temps, les artistes dada, qui veulent s'affranchir du cubisme, de l'expressionnisme allemand et de l'abstraction russe - les trois mouvements dominants de ce début de siècle - , s'ils sont profondément novateurs (goût des performances avant l'heure, création de poésies sonores, développement de la pratique du collage…), ne s'inspirent pas moins de ces écoles. Même si Dada bannit le passé, il lui arrive de retourner aux sources. Certes, l'emploi de l'objet industriel, des nouveaux médias et des références à l'ère de la machine naissante caractérise Dada, mais l'utilisation du " matériau élémentaire " n'en est pas moins fréquente.
Les dadaïstes vouent un culte absolu à l'irrespect et au scandale. Francis Picabia fit signer à tous ses amis une feuille pendant sa convalescence consécutive à une opération de l'œil. Le résultat est une œuvre remarquable, restée célèbre, " L'œil cacodylate ", huile sur toile et collages de photographies, cartes postales, papiers découpés. En 1919, Max Ernst organisa une exposition où il obligea les visiteurs à passer par les latrines. Duchamp s'inventa quant à lui un double féminin, travestit La Joconde et conçut ses ready-made parmi lesquels la fameuse fontaine-urinoir qu'on connaît. Dada ou la création agitatrice et dérangeante. Dada ou le glissement et le détournement de sens, les phrases et les images-choc. Dada ou la révolte. Dada ou le nihilisme. Dada ou l'excès.
Le mérite de toute exposition abondante est qu'on y fait d'innombrables découvertes. Parmi toutes les peintures, sculptures, photos, collages, photomontages, documents graphiques, films et enregistrements sonores présentés ici, on va de surprises en coups de cœur esthétiques. Car Dada ne se résume pas à l'urinoir de Duchamp. Il serait réducteur de ne voir dans ce mouvement que provocation pure. Dada ce sont aussi des œuvres étranges, décoratives et poétiques, belles souvent, et dont le sens caché ne manque ni d'intérêt, ni de profondeur.
Daphné Tesson
" Dada ". Centre Georges-Pompidou. Paris 4e. Galerie 1, 6e étage. Tlj sauf mardi de 11h à 21h. Nocturnes jeudi jusqu'à 23h. Entrée : 9 euros (TR : 7 euros). Tél. : 01 44 78 12 33. Jusqu'au 9 janvier 2006.
PUBLICATIONS :
- Catalogue de l'exposition, sous la direction de Laurent Le Bon, commissaire de l'exposition, 1024 p., 39,90 euros, éd. Centre Pompidou
- Abcdaire de Dada par Aurélie Verdier, 120 p., 100 illustrations, 9,95 euros, éd. Flammarion.
- Dada à Paris, par Michel Sanouillet, 672 p., 35 euros, CNRS Editions
- Les premiers chefs d'œuvres dada de Tristan Tzara dans leur présentation d'origine : 3 rééditions uniques à tirage limité (16 euros, 45 euros et 36 euros). éd. Dilecta.
- Dada, par Serge Lemoine, 96 p., 8 euros, éd.Hazan
- Dada libertin et libertaire, par Giovanni Lista, 272 p., 85 euros, éd. l'Insolite
- Hors série Beaux-Arts magazine, " Dada ", 100 p., 7,50 euros
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Pour mieux respecter l'environnement, "Le Monde d'Ida" est imprimé sur du papier numérique recyclé.
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Mis à jour le samedi 4 septembre 2010
Hébergement : Cogitel-Forum
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